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Boghos Nubar pacha a parlé au nom des Arméniens de Turquie, et M. Aharonian au nom des Arméniens d’Erivan

28 février 1921- page 1

dimanche 12 mai 2013, par Redacteur

LE RÈGLEMENT DE LA PAIX

La conférence de Londres

Communiqué officiel du 26 février [1921]

Une réunion a été tenue au Foreign office samedi à 11 heures, sous la présidence de Lord Curzon, afin d’entendre la délégation arménienne. Boghos Nubar pacha a parlé au nom des Arméniens de Turquie, et M. Aharonian au nom des Arméniens d’Erivan.
Boghos Nubar pacha a plaidé pour le maintien, dans la plus large mesure possible, du traité de Sèvres, et a expliqué la nécessité d’obtenir du gouvernement d’Angora [Ankara] des garanties pour la population arménienne de Cilicie.

M. Aharonian a protesté contre le traité récemment conclu entre l’ancien gouvernement d’Erivan et les représentants nationalistes turcs suivant lequel Zars et Ardahan sont revenus à la Turquie. Il a dénié la validité de ce traité qui n’a pas été ratifié.

Une seconde réunion a été tenue à midi. Les Turcs ont été entendus au sujet du problème du Kurdistan et de l’Arménie.

Au sujet de cette dernière, Bekir Sami bey a déclaré que les Kurdes, avant la création du projet d’autonomie locale dont mention a été faite dans le traité de Sèvres sont largement représentés dans l’Assemblée nationale d’Angora, et n’ont exprimé aucun désir d’une existence nationale indépendante. Le gouvernement d’Angora a, dans sa Constitution, donné une large part d’autonomie locale aux Kurdes aussi bien qu’aux autres nationalités, et il n’y a aucune raison de supposer que les Kurdes n’ont pas été satisfaits de leur situation.

En ce qui concerne l’Arménie, il a été déclaré à la délégation turque par Lord Curzon que, alors que les circonstances avaient, dans une certaine mesure, changé depuis la signature du traité de San-Remo, l’obligation de constituer une Arménie unie et stable est une des celles que les puissances n’ont pas la plus légère intention d’abandonner et que, dans l’intérêt du gouvernement turc en Asie-Mineure, non moins que dans celui des Arménien eux-mêmes, il est important de fixer la frontière acceptée par toutes les parties par laquelle seraient restitués à l’Arménie les districts dont elle a été récemment dépossédée, et de permettre à l’Arménie d’aspirer à une existence nationale assurée de la sécurité.

Au sujet des Arméniens de Cilicie, M. Berthelot, au nom de la délégation française, a affirmé à nouveau l’intention des Français, quand ils cesseront l’occupation militaire de la Cilicie, de prendre des garanties pour la sauvegarde des intérêts et de la situation des Arméniens dans cette partie de la Turquie.

La réunion a décidé de soumettre des propositions formelles au conseil suprême au sujet de la modification possible des clauses du traité de Sèvres relatives au Kurdistan et à l’Arménie à la lumière des récents évènements.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France